Un film de Lee Myung-Se

Pays: Corée du Sud
Genre: Action
Année: 2005
Casting: Ha Ji-won, Gang Dong-won, Ahn Sung-ki, Song Young-chang ...

DuelistSYNOPSIS:

En Corée pendant l’ère Chosun, un complot visant à mettre à bas le pouvoir en place, met en circulation de la fausse monnaie dans le pays. Deux enquêteurs, une jeune femme, Namsoon (Ha Ji-won), et son mentor Ahn (Ahn Sung-ki) sont chargés d’identifier les auteurs du complot. Se dresse alors en travers de leur chemin un jeune homme mystérieux, Sad Eyes (Gang Dong-won), habile épéiste. S’engage ainsi un jeu de cache-cache entre tous ces protagonistes…

INTRODUCTION :

Lee Myung-Se, connu pour son film « Sur la trace du Serpent » , signe son second long métrage avec ce « Duelist ».
Mais l’impatience de découvrir son nouveau film, laisse surtout place à une déception me concernant, d’une nouvelle œuvre dénuée du moindre intérêt scénaristique, au profit d’une plastique cruellement belle, mais trop plate pour plaire réellement.

Le cinéaste signe une épopée magnifique, mais au goût profondément amer…

PREMIERE PARTIE : Duelist_05

Les premières minutes sont d’une grâce ultime. Virtuosité du cadrage, photographie spectaculaire, chorégraphies orchestrées avec dynamisme. Pour un peu, on aurait l’impression d’être chez Zhang Yimou, et son magnifique « Secret des Poignards Volants ».

Hélas, je précise bien pour un peu, parce que la suite n’arrêtera plus d’être décevante.

A commencer par le scénario. Plat, sans saveur, vu et revu à multiples reprises mais surtout, dénué d’une véritable identité.
C’est un peu le reproche que l’on peut faire à « Duelist », il reprend exactement, les éléments qui ont fait le succès des films de Yimou, de Tsui Hark ou d’Ang Lee.

Mais ces éléments à succès chez les autres, deviennent ici, d’une banalité déconcertante.
Parce que la mise en scène de Myung-Se, devient de plus en plus stigmatisée, de plus en plus calculée et surtout, devient de plus en plus prévisible.

Dès lors que le spectateur se met à deviner à l’avance, les scènes suivantes, l’engrenage du film sans surprise démarre lentement.

C’est le piège dans lequel le cinéaste va s’enfermer. L’excellence du début sombre peu à peu dans le grotesque, voire le navrant. Dommage avec un tel potentiel de départ.
Comme en témoigne cette scène magnifique, dans laquelle la caméra est placée dans un couloir à moitié plongé dans l’obscurité.

Une partie est ainsi complètement sombre, tandis que l’autre partie est éclairée par les lames qui se frottent les unes aux autres.
Scène magistrale, entachée par un dynamisme en dents de scies.

Duelist_01DEUXIEME PARTIE :

Le deuxième gros point noir du film concerne l’interprétation douloureuse des comédiens.
Un sur-jeu permanent, lourd, chiant, qui manque cruellement de caractère. En fait, il y’a même des dialogues pénibles – fait rare dans le cinéma asiatique, qui bien souvent, privilégie les images ou les non-dits – et des scènes d’un ridicule presque étonnant.

Cette scène dans laquelle l’acteur Ahn Sung-Ki, dévale les escaliers sur ses fesses, après avoir raté une marche à cause de la neige, est d’une nullité aberrante.
Ni drôle, ni voulant l’être, elle ne sert strictement à rien et colle en plus de cela, une étiquette de film de série B, à un film qui n’en avait absolument pas besoin.

C’est donc un sentiment mitigé qui s’empare de nous après la vision d’un tel film. Mélange de savoir faire coréen, et en même temps, cruelle expérience cinématographique, qui montre les faiblesses d’un pays qui tente de dynamiser son cinéma, en en faisant parfois un tantinet trop.

La faiblesse du cinéma coréen réside en cela, ce manque d’expérience et d’histoire, que le cinéma japonais a acquit depuis longtemps déjà.
Et finalement, cette adaptation du manwhas coréen (manga coréen) « Damo Nam-Soon » est un triste mélange de bon et de médiocre.

N’en demeure pas moins qu’un film de divertissement qui ne se revendique pas chef d’œuvre du genre.
Il saura trouver son public, afin de le satisfaire dignement.
Mais on ne peut s’empêcher d’être triste de la tournure provisoire du cinéaste, à vouloir copier si abjectement, le fruit d’un travail titanesque accompli par d’autres cinéastes, avec plus de qualité et de maîtrise cinématographique.

CONCLUSION :

La fin du film sonne comme une délivrance. On n’oserait pas dire "sauvé par le gong", mais presque.
Le sentiment final ressenti après « Duelist » serait en fin de compte le même que celui qui nous traverse après une mauvaise exposition de peinture…

La morale ?

Et bien, une belle peinture ne suffit pas à être intéressante…

EN DEUX MOTS...

Avis négatif... :-(