Un film d'Allen Baron

Pays: USA

Genre: Polar

Année: 1961

Casting: Allen Baron, Molly McCarthy, Larry Tucker...

BBFSYNOPSIS :

Retiré des affaires depuis quelque temps, Frankie Bono, tueur à gages, revient à New York pour un dernier contrat : l'assassinat d'un gangster de moyenne envergure.
Lors de la traque, alors qu'il s'emploie à éviter tout contact avec sa future victime, il est reconnu par un de ses anciens amis de l'orphelinat dans lequel ils ont été élevés. Le calme, le manque d'ambition et la routine de cet ancien ami contrastent sérieusement avec la vie solitaire de Bono.
Excédé et distrait, Bono commet une nouvelle erreur...

INTRODUCTION :

Tout commence par une scène inaugurale forte intéressante. Caméra embarquée à bord d’un train, qui file à toute vitesse.

Deuxième plan, le train s’arrête. Frankie Bono, tueur à gages professionnel en sort. Il pose ses pieds sur le quai. Une voix off nous explique alors le fin mot de l’histoire…

Début d’un long périple assassin, début d’une cavale sans issue…

PREMIERE PARTIE :bbf1

A l’évidence, on sent l’influence de Baron, pour les films de gangsters des années 30 ou 40.

Noir et blanc poussiéreux, image granuleuse, sobriété de la mise en scène. Allen Baron maîtrise son film du début à la fin.

Il faut bien avouer pourtant, que l’histoire de ce film a failli ne jamais exister. Tourné quasiment clandestinement, sans autorisation de tournage, avec un budget dérisoire de 800 Dollars. Le film de Baron est en quelque sorte, un film miracle, une petite pépite d’or, gravée dans l’histoire du cinéma, comme une preuve de réussite totale.

A partir d’une construction simpliste, le metteur en scène à su transformer peu à peu son œuvre, en un récit plus complexe qu’il n’y paraît.

Voix off, chemin rédempteur d’un personnage qui semble bien seul, refus progressif de tuer, en fait c’est le portrait d’un assassin qui le devient un peu malgré lui.

Tuer pour l’argent, tuer pour répondre à une offre, tuer sans savoir pourquoi. Tâche ingrate, délivrée aux hommes faibles, errants, sans aucune vie sociale.

D’ailleurs, la faiblesse semble être le point d’orgue du metteur en scène, comme une sorte de fascination pour celle ci, il structure son récit de sorte à ce que l’on sente de manière quasi permanente, la perte de lucidité, d’un anti-héros déchût.

Comme en témoigne cette scène dans laquelle Frankie Bono, cède au désir sexuel que lui inspire une ancienne amie.

Il se retrouve dans son appartement, livré à ses pulsions animales, et perd instantanément toute notion de logique ou d’éthique sociale.

Il se jette sur son amie, obéissant une nouvelle fois à un désir plus important que sa propre volonté…

bbf2DEUXIEME PARTIE :

C’est cette notion de sentiments refoulés, qui refait surface périodiquement dans le film. Comme une note de musique, appuyée longuement pour marquer de son empreinte, l’importance d’une scène, ou d’une tonalité.

Baron, insiste sur cette notion de refoulement. Ses personnages semblent témoins d’un état qu’ils ne contrôlent pas, ou plus.

Bono est ainsi, un tueur solitaire, aux sentiments refoulés. Comme s’il n’avait pas fait l’amour depuis des décennies, il obéit à l’appel de son désir sexuel dans cette scène. Mais ne réfléchit nullement à ses conséquences.

Prêt à perdre l’amitié, au profit d’un instant de plaisir, sabordé par un mécanisme purement animal et instinctif.

Le film d’Allen Baron répond à cela. Il s’agit d’instinct, de désir, de plaisir, de non satisfaction.

Constamment, au long du périple de Bono, se retrouvent face à lui, pléthores d’obstacles du quotidien, comme un rappel à la normalité.

Bono n’écoute pas, n’écoute rien. Obstiné, par l’argent, par le sexe, par la non conformité peut être, il sombre dans une folie destructrice, qu’encore une fois, il ne contrôle pas.

CONCLUSION :

« Baby Boy Frankie », est un film fascinant. Il s’inscrit dans un genre à part, et marque les vrais débuts du cinéma indépendant américain. Il est des films dont on aime se souvenir. Pour leurs couleurs de fond, leurs unicités, leurs sobriétés, leurs grains si particulier…

Oui, BBF est de ceux là, des petits films, qui de part leurs simplicités, deviennent de grandes œuvres.

Celui-là, assurément, est à ranger aux côtés des « Citizen Kane » et autres films de légendes…

EN DEUX MOTS :

Perle rare à découvrir, pour ne pas mourir idiot :-)