Un film de Tsui Hark

Pays: Hong Kong
Genre: Action
Année: 2005
Casting: Leon Lai, Donnie Yen, Charlie Yeung, Liwu Dai, So-yeon Kim Duncan Lai, Liu Chia Kiang, Mickael Wong ...

SevenSwords_AfficheSYNOPSIS:

A l'aube des années 1660, la Mandchourie annexe la Chine pour y installer la dynastie Ching. A la suite des multiples insurrections contre le gouvernement, ce dernier interdit l'étude et l'exercice des arts martiaux afin de maintenir l'ordre et la discipline dans le pays. Fire-wind, chef militaire de la dynastie antérieure, se dit qu'en aidant le gouvernement à faire appliquer la nouvelle loi il parviendra à s'enrichir rapidement. Il a projeté de s'attaquer à la dernière ville frontière, petite bourgade du nom de Martial Village, dont les habitants sont réputés rebelles et courageux…

INTRODUCTION : 

On ne présente plus Tsui Hark, grand maître artificier du cinéma hong kongais des années 80. Au même titre que John Woo, il a su faire exporter le cinéma de son pays, vers des destinations en soif d’action et de créativité.

La créativité, sans doute la marque de fabrique du grand Tsui Hark, après de nombreuses œuvres à succès, telles que « The Blade » ou « Time and Tide » et la saga « Il était une fois en Chine ».

Le Wu Xia Pian, est un genre cinématographique qu’il maîtrise bien. Et avec « Seven Swords » il signe son grand retour…

PREMIERE PARTIE :SevenSwords_02

Impossible de ne pas faire une allusion à « Hero » ou « Le Secret des Poignards Volants » de Zhang Yimou, dès l’ouverture du film. Le visuel frappe instantanément. Une peinture animée à l’écran, d’une beauté éclatante. Des couleurs magnifiques, des costumes resplendissants, et une image propre en tout point.

Pourtant, par la suite les choses se corsent un peu. Loin du génie des films majeurs de ces dernières années, Tsui Hark semble s’enfermer avec « Seven Swords » dans un genre qu’il a su pourtant réinventer.

Du coup, on exige beaucoup de la part du cinéaste, peut être trop. Sa relecture des sept samouraïs de Kurosawa est trop fade. L’esthétisme forcené du métrage ne suffit pas à lui offrir l’intérêt nécessaire, que tout bon film se doit d’offrir au spectateur.

A commencer par la facilité qu’à le metteur en scène à se reposer sur le charisme de ses acteurs. Ceux-ci se laissent aller dans des dialogues parfois lourds de sens, sans pour autant que Tsui Hark, ne vienne y changer quoi que ce soit. Etrange de la part de celui que l’on considérait autrefois comme le « Spielberg » asiatique.

Bien sûr, hormis les quelques failles du casting, l’ensemble reste plus que correct, d’ailleurs mention spéciale à Sun Hong-Lei, vraiment impressionnant.

Le point fort du film réside évidemment dans son aspect formel. La mise en scène également, montre à nouveau, sans aucune difficulté, l’aisance et l’expérience de Tsui Hark derrière la caméra.
On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace, c’est un peu le sentiment évoqué par le cadrage du maître. Chaque mouvement de caméra, chaque plan, est d’une précision déconcertante.
Evidemment, aucun reproche ne peut être fait à cet égard.

SevenSwords_06DEUXIEME PARTIE:

La mise en scène donc, relate du savoir faire Harkien. Cependant, si techniquement parlant, il lui est difficile de le critiquer, on pourra se pencher sur certaines scènes de combat, qui pêchent un peu par un manque d’originalité.

Parfois l’issue demeure prévisible, parfois aussi, le spectateur ne ressent rien d’autre qu’une impression de platitude.

Tout va très vite, ou à contrario, tout est très lent. Mais ce manque de rythme constant, rend le nouveau long métrage de Tsui Hark, trop linéaire, voire carrément, long et ennuyant.

Peut être que les 2h30 du film se ressentent un peu trop, et pourtant ce n’est ici que la version courte. Parce qu’elle a été amputée de ses passages les plus liants peut être.
C’est la liaison justement, qui manque cruellement par moment, comme si deux scènes juxtaposées, n’étaient pas du tout en parfaite cohésion.

Normal, lorsqu’un film est massacré de la sorte. Le montage ne peut alors plus lié les éléments entre eux, et il devient difficile pour le cinéaste, de rester maître de son sujet.

Enfin, impossible aussi de ne pas parler de la superbe composition de Kenji Kawai. Musicien bien connu dans le monde du cinéma asiatique, puisqu’on lui doit notamment les partitions fabuleuses d’ « Avalon » ou celles de « Ghost In The Shell » de Mamoru Oshii.

Composition une nouvelle fois remarquable, bien qu’un tantinet timide et discrète, notamment sur certains passages du film.

CONCLUSION :

« Seven Swords » n’est donc pas un chef d’œuvre de plus. Il s’agit simplement d’un retour en demi-teinte, d’un auteur à l’immense filmographie.
On ne peut pas lui reprocher d’avoir voulu signer un retour fracassant, mais il est arrivé un peu trop tard. Ang Lee et Zhang Yimou, l’ont battu sur son propre terrain.

Le point positif, on le réserve pour une prochaine tentative. Un lion de la sorte, n’aime pas rester derrière la scène…

EN DEUX MOTS:

Retour en demi-teinte, pour auteur à succès...