etats_20unis9Film américain de James Wan (2004) Genre: Thriller

sawUn génie du crime baptisé Saw oblige les victimes qu'il capture, à travers des pièges toujours plus tordus et sophistiqués, à faire des choix impossibles et leur enseigne le prix de la vie par le sang... La police fait tout pour le coincer et ses victimes sont prêtes à tout pour s'échapper, mais c'est Saw qui impose les règles...
Très remarqué lors de sa diffusion au festival du film fantastique de Gerardmer en janvier dernier, "Saw" est une oeuvre originale et surprenante.
Un film qui allie à la fois suspense, horreur et film noir, et qui peut se targuer de bénéficier de l'une des meilleures fins, que le cinéma ait pu connaitre jusqu'alors.
Evidemment je tairais volontairement son contenu, afin de ne pas vous gâcher le plaisir.
Sachez juste qu'elle est subtile à souhait, très inventive, et originale.
Il m'aura fallu beaucoup de recul pour parler de ce film, et être à 99% sûr d'être objectif.
Rien ne sert donc de tourner autour du pot, "Saw" est une tuerie, au sens propre comme au figuré.
Rares deviennent les films proposant un concept novateur, et celui-ci est suffisamment attractif, pour être souligné.
Entre huis clos psychologique, glauque et opressant et puzzle policier dépiécé, "Saw" ravira amateurs de gore, comme amateurs de scénarii inteligents, profonds et subtils.
Le film se construit sous la forme d'un casse tête chinois avec des fractions de séquences, dispercées à travers l'histoire. Au fur et à mesure que celle-ci avance, le puzzle se reconstruit jusqu'au dénouement final.
Le jeu macabre pretexte à l'histoire, devient l'échapatoire diablement travaillé d'un cinéaste inspiré.
Le film puise sa force dans son invraisemblance.
A la limite, seul "Seven" de David Fincher, semble s'en rapprocher, quant à "Ab normal Beauty" d'Oxide Pang, si les scènes de tortures sont comparables, le reste en revanche est bien plus fantastique que l'univers proposé par "Saw", plus proche du polar.
En fait, ce faux huis clos, prend toute sa dimension, dans le choix de son esthétisme.
Son visuel, perdu entre classicisme et noirceur volontaire lui confère un aspect diabolique.
Musicalement, outre les sonorité ambiantes, pas de quoi justifier une BO séparée, mais l'intêret ne réside pas justement dans la musique, mais dans le son, les bruitages, et là le film en offre un bon paquet.
Le montage est évidemment le point fort du métrage de Wan, il fractionne les scènes, jouant ainsi sur deux tableaux:
                                         1/ Le huis clos, avec deux personnages enfermés, et un  troisième, mort, sur le sol
                                         2/ L'histoire parrallèle, qui renvoit les personnages dans le passé, pour que l'on comprenne leur présence dans la pièce.
Ces deux histoires au sein d'un même film, aident le spectateur à se repérer.
Car, la seule présence des deux hommes, dans cette pièce, rappellerait "Cube" de Vincenzo Natali, et lui offrirait un côté plus "fantastique" que polardisé.
En bref, "Saw" est une excellente oeuvre, qui jongle amèrement entre le cinéma d'auteur, violent et expérimental et le cinéma de genre, en l'effleurant de plusieurs styles.
L'enquête piétine à cause des personnages instables et incertains, le jeu macabre devient collectif en proposant à la fois une perversion de l'être humain, et une volonté manichéenne de trouver une issue à l'histoire.
Ce jeu du chat et de la souris version trashie, se dénoue du film noir classique, en offrant, outre un bain de sang, une vision métaphorique de la violence.
[i]Que retenir d'une telle oeuvre?[/i] Peut être que l'être humain, à la fois tueur et victime est fragilisé par une société, inéluctablement plongée dans la violence.
Et qu'au final, le bonheur des uns, fait le malheur des autres, ni plus, ni moins.
Un tour de passe-passe phénoménal, pour le film le plus surprenant de l'année.

Note: 17/20