france2 Film français de Jean Grémillon (1940) Genre: Comédie dramatique

remorquesAndré Laurent, capitaine du remorqueur le Cyclope, vit à Brest avec sa femme Yvonne. Lors d'un sauvetage, André rencontre Catherine qui devient rapidement sa maîtresse. Mais la jeune femme sait s'effacer en apprenant qu'Yvonne, très malade, va bientôt mourir et pour qu'André vive les derniers instants auprès de sa femme...
Ca fait du bien, de temps en temps de revenir aux sources du septième art de son pays natal.
J'ai beau ne pas apprécier les productions françaises d'aujourd'hui, pourtant, je savoure l'époque nostalgique du bon cinéma made in france, avec Jean Gabin, notamment.
Remorques, fait parti de ses films que j'apprécie, pour leur sincérité et leur finesse d'esprit.
Jean Gabin, Michelle Morgan, un couple remarquable, pour un film qui l'est tout autant.
Pas de fioritures dans la mise en scène, une oeuvre qui ne dénonce absolument pas la société de l'époque. Le film, réalisé pendant la seconde guerre mondiale, ne traite pas du fléau qui touche le monde à ce moment là, et en cela "Remorques" se démarque.
Il parle en fait, surtout de la vie familiale, de l'amour interdit, du pardon, de la mort, de l'adultère, du bonheur retrouvé.
En effet, André, est un personnage troublé, capitaine d'un navire, il passe son temps sur la mer, au détriment de sa femme.
Il aime son équipage, ses vrais amis, son métier, qu'il considère comme une vocation, une passion.
Mais il oublie, peut être involontairement, qu'une femme l'attend à la maison.
Très vite, on remarque que Madame, est gravement malade, mais par amour pour son mari, elle le lui cache, afin de ne pas le perturber dans son travail. Le monde de la mer est si cruel...
Mais, André, sans se rendre compte du mal qui ronge sa femme, s'écarte peu à peu d'elle, car son coeur balance déjà pour une autre dame, charmante et fragile.
Ils vivent leur idylle, dans la confusion la plus totale.
C'est lorsqu'une visite incongrue d'un ami, qui vient annoncer à André que sa femme est souffrante, que celui çi semble enfin réfléchir.
Il se précipite alors chez lui, et s'excuse, en ne comprenant pas pourquoi elle ne lui avait rien dit.
Trop tard pour regretter, la maladie est là, et elle est incurable.
Le mari, et la femme, dans la souffrance se retrouvent enfin, et là le film prend une dimension humaine implacable.
Sans effet moraliste, sans dénoncer, Grémillion fascine le spectateur en le faisant réfléchir sur les actes et les conséquences, mais surtout, sur le temps qui passe, très vite.
On se rend compte alors à quel point la vie est précieuse, et que des fois, il est trop tard pour avoir du remord. Il faut savoir profiter de l'instant présent, pour mieux organiser sa vie...
Le cinéaste l'a bien compris et offre un film à la beauté plastique surprenante, qui dans un élan d'humanisme, saura faire réfléchir à l'amour et sa place véritable dans le couple...
Sublime!

Note: 15/20