ACTE

Le tour du monde du cinéma...

29 avril 2007

THE ASSASSINATION OF RICHARD NIXON

Un film de Niels Mueller

Pays: Etats-Unis
Genre: Drame
Année: 2004
Casting: Sean Penn, Naomi Watts, Don Cheadle ...

18390420SYNOPSIS:

En 1974, peu de temps avant que n'éclate le scandale du Watergate, qui va pousser Richard Nixon à la démission, Sam Bicke est au bord du gouffre. Cet homme effacé, cerné par les trahisons et les mensonges de la vie, va s'attaquer au plus puissant des menteurs politiques : le Président des Etats-Unis...

INTRODUCTION:

Certains films laissent une empreinte. Sorte de trace indélébile dans le coeur, marquant à tout jamais l'idée que l'on peut se faire du cinéma.
"The Assassination of Richard Nixon" est de ceux là. Un film étrange, fascinant d'inquiètude, de mystère, à la fois cruel, sordide, sombre et mélancolique. Mais dans lequel subsiste un espoir. Celui d'un homme qui veut refaire la société. Un homme qui rêve d'un monde meilleur, sans mensonge, sans amertume.
Cet homme, c'est Sam Bicke.

PREMIERE PARTIE:18389090

Rapidement, le film étonne. Il surprend par sa mise en scène, discrète, légère, doublée d'une grande douceur.
Un rythme assez lent, et un calme apparent des plus inquiétants.

Le film de Niels Mueller carresse le spectateur, d'une drôle d'impression. A mi chemin entre un drame psychologique, toujours en retenue, et un film plus direct, inspiré d'une histoire vraie.
Mais là ou le film prend une tournure intéressante, c'est justement dans le parti pris formel du cinéaste, d'utiliser en permanence, une sorte de distance entre l'action et la pensée du personnage.

Effectivement, Sam Bicke, est un homme troublé, et troublant. Vendeur à la gomme dans une boutique de meubles.
Peu rassurant, peu sûr de lui, il éprouve des difficultés à renouer avec un passé plus glorieux. Sorte d'homme perdu dans un présent sans véritable avenir, il vit de son job et semble s'en satisfaire.
Du moins, en apparence.

Le cinéaste parvient avec beaucoup de classe, et une grande sobriété, à installer un climat d'opression constante. Il vole au dessus de Sam Bicke, le doute. L'identité bafouée d'un homme qui rêve d'une autre vie.
Va naître alors en lui, l'idée morbide qui changera sa vie à jamais. Tuer le mensonge, effacer l'homme à la toute puissance d'une société qui dérape. Le président Richard Nixon, alors plongé dans le scandale du Watergate.

Le cinéaste confond presque les époques, et il plane au dessus de sa première oeuvre, présentée en 2004 dans la section parallèle du festival de Cannes "Un certain regard", une étonnante sensation d'insécurité post-11 septembre.
Comme une manière d'apporter de la modernité, à une forme de classicisme.

18389094DEUXIEME PARTIE:

Le jeu tout en nuance de Sean Penn, apporte sans doute, sa pierre à l'édifice. Magnifique de naturel, de classe, de subtilité. L'acteur déroule son jeu sans en faire de trop. Toujours en parfaite osmose avec la ligne directrice d'un metteur en scène prometteur.

Le film s'inscrit dans un genre particulier. A la croisée d'un cinéma indépendant américain, plein de promesse, recherchant l'audace et la créativité, et d'un cinéma grand public, tourné de manière à toucher, interpeller le spectateur, d'une manière plus subtile et réfléchie que la plupart des oeuvres dites de "genre".

En somme, un cinéma commercial intellectuel. Une histoire vraie sans mélo, qui n'esquisse ni larmes forcées, ni émotion perverse.
Toujours juste, sobre et simpliste, "The Assassination of Richard Nixon" marque le retour du cinéma public, à l'échelle du microcosme. Ni voyeuriste, ni extravagant.

C'est surtout, une remarquable ascension vers la folie. Une lente chute aux enfers, provoquée par la quotidienneté d'une vie. Société du mensonge, dirigée par les hautes instances. Des hommes de paroles, plus que de terrain, qui balayent d'un coup de main, l'opinion publique.
A base de discours télévisés, de débats, de meeting, les politiques attaquent la réflexion. Ils privent le citoyen de sa liberté de penser, ou d'agir comme il lui semble. Le regard de la société est détourné, noyé dans les paroles et les promesses d'une vie meilleure.

Sam Bicke, derrière son visage marqué par l'incertitude, a compris depuis longtemps déjà, l'enjeu de sa démarche. De sa propre réflexion personnelle.
Mettre fin à l'image de la politique sécurisante, pour montrer la face cachée des mensonges.

Dans son dernier quart d'heure, le film se réveille d'une étonnante façon. Après l'apparente décontraction du personnage, arrive le moment de mettre à execution, son plan morbide.

Et la retenue du film, pendant plus d'une heure, laisse place à la sauvagerie. Non moins psychologique, que réellement physique, on y voit l'homme incertain, pris d'une étonnante certitude. Une grande confiance, sourire aux lèvres, dernier rampart de son chemin de traverse. Dernière étape de sa réflexion.

La folie de Bicke, ressemble à celle incarnée il y'a plusieurs années par De Niro dans "Taxi Driver".
La ressemblance est quasi frappante.

Le cinéaste lui, en revanche ne ressemble en rien à Scorsese. Plus contemplatif, son film n'a d'action que dix minutes. Le reste n'est que le parcours observateur d'un monde plus intelligent que la société elle même.

CONCLUSION:

Lente descente aux enfers, chemin psychologique emprunté par un homme, défendant une cause qui lui semble juste.
"The Assassination of Richard Nixon" est en fait l'inverse de son titre. C'est l'assassinat psychologique d'un homme qui rêve de mourir en effaçant le mensonge d'une société en plein déclin.
Ce n'est pas la mort de l'homme qui lui semble primordiale, mais celle de la tourmente, et de l'aveuglement collectif.
Un film distancié, abile, juste.

EN DEUX MOTS :

Plaidoyer sur la politique, et sur la société contemporaine, d'une grande justesse. :-)

Posté par a_c_t_e à 10:34 - Cinéma grand public - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 avril 2007

SNAKES ON THE PLANE

Un film de David R. Ellis

Pays: Etats-Unis
Genre: Thriller/Action
Année: 2006
Casting: Samuel L.Jackson, Julianna Margulies, Nathan Phillips, Rachel Blanchard ...

18655597SYNOPSIS:

La mission de l'agent spécial Neville Flynn est simple : il doit escorter un témoin essentiel sur un avion de lignede Hawaï à Los Angeles. L'homme va permettre de faire tomber l'un des piliers de la mafia, après qui Flynn court depuis longtemps. Toutes les précautions ont été prises, mais ce n'est pas assez.
Décidé à ce que le témoin n'arrive jamais au tribunal, le criminel met au point un lâcher de serpents venimeux à bord de l'avion...

INTRODUCTION :

Alors comment un blockbuster devenu culte par le net, aux allures de petit film de série B, peut il attérir sur ce blog ? La réponse est simple, "Snakes on The Plane" rempli sa part de contrat, à savoir divertir au maximum grâce à un scénario taillé dans la multiplicité des genres, et ce grâce à nous, spectateurs...

PREMIERE PARTIE:18476931

C'est davantage sur l'histoire qui entoure ce film, que sur le film lui même que je vais tâcher de m'exprimer. Parce que rares sont les films qui deviennent cultes avant même leurs sorties en salles. "Des Serpents dans l'Avion" avait pourtant tout du film bateau, ringard et convenu. Enième film d'action héroïque, au scénario douteux, et aux invraisemblances à répétition, ce film partait avec un handicap de taille.

D'ailleurs, pour être totalement honnête avec le spectateur, le cinéaste et les producteurs n'ont jamais caché le classicisme du film. Et ce dès le départ, lorsqu'il n'apparaissait sur le net que deux lignes de scénario, sur lesquelles on pouvait clairement se rendre compte du genre convoité.
"Un film d'action, dans un avion, avec des serpents vénimeux". Moyen comme accroche, et pourtant.
Le début de la longue et incroyable ascension du film ne faisait que commencer.

C'est grâce à un internet, et notamment au phénomène des blogs, que le film de David R. Ellis a su trouver son public et sa notoriété.
Un fan, au départ, qui s'approprie les quelques lignes du scénario, qui lance de multiples rumeurs sur le contenu du film, puis tout une interprétation autour du titre "Snakes on the Plane" pourtant très évocateur. Mais ce titre, ce logo, marque les blogeurs.
On croit à un nom de groupe de rock, à une marque de vêtement, et cela entraînera tout un engouement, qui servira positivement le film de la New Line Cinéma production.
Mais là ou d'autres maisons de production auraient pu attaquer en justice les utilisateurs mal renseignés, s'étant approprié les lignes du scénario et toute la marque déposée, et bien New Line a préféré aller dans le sens des internautes, en leur proposant d'inventer eux mêmes, la suite de l'histoire.

C'est ainsi que certaines répliques du film apparaissent comme des oeuvres purement inventées par les spectateurs. Gros coup d'audace de la part de la production, et gros risque artistique.
Mais en y réflechissant un peu plus, on s'aperçoit très vite que cette prise de risque, n'en ait plus vraiment une, parce que le film devient plus accessible à un public, qui en aura choisi lui même l'issue.
C'est ainsi le premier film de l'histoire du cinéma, à être si proche de l'attente des spectateurs.

18476932DEUXIEME PARTIE:

Force est de constater, en observant le film, qu'il y'a effectivement, une grosse partie purement inventée, parce que le film semble voué à de multiples rebondissements possibles.
Dès le début, plage paradisiaque, jungle tropicale, sable blanc et cocotiers. Contraste incroyable avec la suite d'un film dont l'histoire nous met en confrontation directe avec des centaines de serpents.
Il y'a comme un décalage entre la volonté de faire un film d'action dans un avion, et un début de film complètement à l'opposé.

Cela rend le film surprenant, durant l'heure et demi de sa durée, parce que jamais, on ne sait réellement ce qu'il va se passer. Bien que le genre du film veuille évidemment un dénouement heureux et héroïque, mais l'abileté du réalisateur à passer d'un genre à un autre, confond cette notion de simplicité et de prévisibilité.
Du coup, l'on peut aisément passer de la comédie au film d'horreur, pour ensuite revenir à un suspense plus haletant. Facilité déconcertante d'adaptation, déservant un film toujours surpenant et plutôt bien réalisé.

Dans l'avion, tout va très vite. Le cinéaste balaye ainsi tous les films du genre par cette fausse parodie des films d'aviation. Le commandant qui meurt, le copilote malchanceux lui aussi victime, pour arriver à ce qu'un passager reprenne les commandes du Boeing. Evidemment, gros coup d'intox aux films du genre. Franche rigolade, second degré. Le film de David R. Ellis ne revendique aucune prétention, et c'est ce qui en fait sa force.

Un couple qui se réfugie dans les toilettes de l'avion pour faire l'amour - fantasme récurrent - ici utilisé comme élément d'intrigue, le passager mécontent, l'hôtesse sexy, le gros blagueur, le flic super héro, le courageux, tout y est pour que le film se passe sous les meilleures hospices.
Mais là ou d'autres oeuvres se prennent au sérieux, "Snakes on the Plane" lui, revendique son côté kitsch.
Pari réussi.

CONCLUSION:

"Des Serpents dans l'Avion". Film d'action survitaminé, aux allures de série B kitsch. Souvent volontairement maladroit, il n'en demeure pas moins un film d'action surprenant, très bien réalisé, permettant de passer un agréable moment.
Souvent on en demande pas plus à une oeuvre, à partir du moment ou l'on y prend du plaisir.
Ici, le pari est d'autant plus réussi que le film parvient à jouer sur la parodie, et l'humour, avec beaucoup de nuance et d'intelligence.
Ce n'est pas le plus grand film d'action qui existe, mais au moins, on s'amuse, on rit, et l'on s'étonne même parfois.

EN DEUX MOTS :

Action, humour, suprises, nous sommes dans un film réussi, ni plus, ni moins. :-)

Posté par a_c_t_e à 10:38 - Blockbusters - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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