ACTE

Le tour du monde du cinéma...

21 janvier 2007

SEVEN SWORDS

Un film de Tsui Hark

Pays: Hong Kong
Genre: Action
Année: 2005
Casting: Leon Lai, Donnie Yen, Charlie Yeung, Liwu Dai, So-yeon Kim Duncan Lai, Liu Chia Kiang, Mickael Wong ...

SevenSwords_AfficheSYNOPSIS:

A l'aube des années 1660, la Mandchourie annexe la Chine pour y installer la dynastie Ching. A la suite des multiples insurrections contre le gouvernement, ce dernier interdit l'étude et l'exercice des arts martiaux afin de maintenir l'ordre et la discipline dans le pays. Fire-wind, chef militaire de la dynastie antérieure, se dit qu'en aidant le gouvernement à faire appliquer la nouvelle loi il parviendra à s'enrichir rapidement. Il a projeté de s'attaquer à la dernière ville frontière, petite bourgade du nom de Martial Village, dont les habitants sont réputés rebelles et courageux…

INTRODUCTION : 

On ne présente plus Tsui Hark, grand maître artificier du cinéma hong kongais des années 80. Au même titre que John Woo, il a su faire exporter le cinéma de son pays, vers des destinations en soif d’action et de créativité.

La créativité, sans doute la marque de fabrique du grand Tsui Hark, après de nombreuses œuvres à succès, telles que « The Blade » ou « Time and Tide » et la saga « Il était une fois en Chine ».

Le Wu Xia Pian, est un genre cinématographique qu’il maîtrise bien. Et avec « Seven Swords » il signe son grand retour…

PREMIERE PARTIE :SevenSwords_02

Impossible de ne pas faire une allusion à « Hero » ou « Le Secret des Poignards Volants » de Zhang Yimou, dès l’ouverture du film. Le visuel frappe instantanément. Une peinture animée à l’écran, d’une beauté éclatante. Des couleurs magnifiques, des costumes resplendissants, et une image propre en tout point.

Pourtant, par la suite les choses se corsent un peu. Loin du génie des films majeurs de ces dernières années, Tsui Hark semble s’enfermer avec « Seven Swords » dans un genre qu’il a su pourtant réinventer.

Du coup, on exige beaucoup de la part du cinéaste, peut être trop. Sa relecture des sept samouraïs de Kurosawa est trop fade. L’esthétisme forcené du métrage ne suffit pas à lui offrir l’intérêt nécessaire, que tout bon film se doit d’offrir au spectateur.

A commencer par la facilité qu’à le metteur en scène à se reposer sur le charisme de ses acteurs. Ceux-ci se laissent aller dans des dialogues parfois lourds de sens, sans pour autant que Tsui Hark, ne vienne y changer quoi que ce soit. Etrange de la part de celui que l’on considérait autrefois comme le « Spielberg » asiatique.

Bien sûr, hormis les quelques failles du casting, l’ensemble reste plus que correct, d’ailleurs mention spéciale à Sun Hong-Lei, vraiment impressionnant.

Le point fort du film réside évidemment dans son aspect formel. La mise en scène également, montre à nouveau, sans aucune difficulté, l’aisance et l’expérience de Tsui Hark derrière la caméra.
On n’apprend pas à un vieux singe à faire la grimace, c’est un peu le sentiment évoqué par le cadrage du maître. Chaque mouvement de caméra, chaque plan, est d’une précision déconcertante.
Evidemment, aucun reproche ne peut être fait à cet égard.

SevenSwords_06DEUXIEME PARTIE:

La mise en scène donc, relate du savoir faire Harkien. Cependant, si techniquement parlant, il lui est difficile de le critiquer, on pourra se pencher sur certaines scènes de combat, qui pêchent un peu par un manque d’originalité.

Parfois l’issue demeure prévisible, parfois aussi, le spectateur ne ressent rien d’autre qu’une impression de platitude.

Tout va très vite, ou à contrario, tout est très lent. Mais ce manque de rythme constant, rend le nouveau long métrage de Tsui Hark, trop linéaire, voire carrément, long et ennuyant.

Peut être que les 2h30 du film se ressentent un peu trop, et pourtant ce n’est ici que la version courte. Parce qu’elle a été amputée de ses passages les plus liants peut être.
C’est la liaison justement, qui manque cruellement par moment, comme si deux scènes juxtaposées, n’étaient pas du tout en parfaite cohésion.

Normal, lorsqu’un film est massacré de la sorte. Le montage ne peut alors plus lié les éléments entre eux, et il devient difficile pour le cinéaste, de rester maître de son sujet.

Enfin, impossible aussi de ne pas parler de la superbe composition de Kenji Kawai. Musicien bien connu dans le monde du cinéma asiatique, puisqu’on lui doit notamment les partitions fabuleuses d’ « Avalon » ou celles de « Ghost In The Shell » de Mamoru Oshii.

Composition une nouvelle fois remarquable, bien qu’un tantinet timide et discrète, notamment sur certains passages du film.

CONCLUSION :

« Seven Swords » n’est donc pas un chef d’œuvre de plus. Il s’agit simplement d’un retour en demi-teinte, d’un auteur à l’immense filmographie.
On ne peut pas lui reprocher d’avoir voulu signer un retour fracassant, mais il est arrivé un peu trop tard. Ang Lee et Zhang Yimou, l’ont battu sur son propre terrain.

Le point positif, on le réserve pour une prochaine tentative. Un lion de la sorte, n’aime pas rester derrière la scène…

EN DEUX MOTS:

Retour en demi-teinte, pour auteur à succès...

Posté par a_c_t_e à 10:35 - Cinéma grand public - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 janvier 2007

DUELIST

Un film de Lee Myung-Se

Pays: Corée du Sud
Genre: Action
Année: 2005
Casting: Ha Ji-won, Gang Dong-won, Ahn Sung-ki, Song Young-chang ...

DuelistSYNOPSIS:

En Corée pendant l’ère Chosun, un complot visant à mettre à bas le pouvoir en place, met en circulation de la fausse monnaie dans le pays. Deux enquêteurs, une jeune femme, Namsoon (Ha Ji-won), et son mentor Ahn (Ahn Sung-ki) sont chargés d’identifier les auteurs du complot. Se dresse alors en travers de leur chemin un jeune homme mystérieux, Sad Eyes (Gang Dong-won), habile épéiste. S’engage ainsi un jeu de cache-cache entre tous ces protagonistes…

INTRODUCTION :

Lee Myung-Se, connu pour son film « Sur la trace du Serpent » , signe son second long métrage avec ce « Duelist ».
Mais l’impatience de découvrir son nouveau film, laisse surtout place à une déception me concernant, d’une nouvelle œuvre dénuée du moindre intérêt scénaristique, au profit d’une plastique cruellement belle, mais trop plate pour plaire réellement.

Le cinéaste signe une épopée magnifique, mais au goût profondément amer…

PREMIERE PARTIE : Duelist_05

Les premières minutes sont d’une grâce ultime. Virtuosité du cadrage, photographie spectaculaire, chorégraphies orchestrées avec dynamisme. Pour un peu, on aurait l’impression d’être chez Zhang Yimou, et son magnifique « Secret des Poignards Volants ».

Hélas, je précise bien pour un peu, parce que la suite n’arrêtera plus d’être décevante.

A commencer par le scénario. Plat, sans saveur, vu et revu à multiples reprises mais surtout, dénué d’une véritable identité.
C’est un peu le reproche que l’on peut faire à « Duelist », il reprend exactement, les éléments qui ont fait le succès des films de Yimou, de Tsui Hark ou d’Ang Lee.

Mais ces éléments à succès chez les autres, deviennent ici, d’une banalité déconcertante.
Parce que la mise en scène de Myung-Se, devient de plus en plus stigmatisée, de plus en plus calculée et surtout, devient de plus en plus prévisible.

Dès lors que le spectateur se met à deviner à l’avance, les scènes suivantes, l’engrenage du film sans surprise démarre lentement.

C’est le piège dans lequel le cinéaste va s’enfermer. L’excellence du début sombre peu à peu dans le grotesque, voire le navrant. Dommage avec un tel potentiel de départ.
Comme en témoigne cette scène magnifique, dans laquelle la caméra est placée dans un couloir à moitié plongé dans l’obscurité.

Une partie est ainsi complètement sombre, tandis que l’autre partie est éclairée par les lames qui se frottent les unes aux autres.
Scène magistrale, entachée par un dynamisme en dents de scies.

Duelist_01DEUXIEME PARTIE :

Le deuxième gros point noir du film concerne l’interprétation douloureuse des comédiens.
Un sur-jeu permanent, lourd, chiant, qui manque cruellement de caractère. En fait, il y’a même des dialogues pénibles – fait rare dans le cinéma asiatique, qui bien souvent, privilégie les images ou les non-dits – et des scènes d’un ridicule presque étonnant.

Cette scène dans laquelle l’acteur Ahn Sung-Ki, dévale les escaliers sur ses fesses, après avoir raté une marche à cause de la neige, est d’une nullité aberrante.
Ni drôle, ni voulant l’être, elle ne sert strictement à rien et colle en plus de cela, une étiquette de film de série B, à un film qui n’en avait absolument pas besoin.

C’est donc un sentiment mitigé qui s’empare de nous après la vision d’un tel film. Mélange de savoir faire coréen, et en même temps, cruelle expérience cinématographique, qui montre les faiblesses d’un pays qui tente de dynamiser son cinéma, en en faisant parfois un tantinet trop.

La faiblesse du cinéma coréen réside en cela, ce manque d’expérience et d’histoire, que le cinéma japonais a acquit depuis longtemps déjà.
Et finalement, cette adaptation du manwhas coréen (manga coréen) « Damo Nam-Soon » est un triste mélange de bon et de médiocre.

N’en demeure pas moins qu’un film de divertissement qui ne se revendique pas chef d’œuvre du genre.
Il saura trouver son public, afin de le satisfaire dignement.
Mais on ne peut s’empêcher d’être triste de la tournure provisoire du cinéaste, à vouloir copier si abjectement, le fruit d’un travail titanesque accompli par d’autres cinéastes, avec plus de qualité et de maîtrise cinématographique.

CONCLUSION :

La fin du film sonne comme une délivrance. On n’oserait pas dire "sauvé par le gong", mais presque.
Le sentiment final ressenti après « Duelist » serait en fin de compte le même que celui qui nous traverse après une mauvaise exposition de peinture…

La morale ?

Et bien, une belle peinture ne suffit pas à être intéressante…

EN DEUX MOTS...

Avis négatif... :-(

Posté par a_c_t_e à 10:22 - Cinéma grand public - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 janvier 2007

Cycle JAM FILMS

jamfilmdvdPour commencer l'année, voici un cycle sur la compilation JAM FILMS, qui regroupe 7 cinéastes japonais, pour 7 idées et styles différents.

La critique va se composer de la manière suivante:

° Titre du film
° Avis positif ou négatif
° Notation (1 à 5 étoiles)

Le principe de notation ne sera repris cette année, que pour des cycles bien spécifiques, histoire de créer une réelle comparaison.

Bonne lecture :-)

Michael

THE MESSENGER - de Ryuhei Kitamura (Japon) - Science-Fictionjamfilms01

Synopsis:

Un homme reçoit la visite de celle qui se fait appeler The Messenger...

Avis:

Kitamura, réalisateur un peu déjanté de "Alive" ou "Versus", entame JAM FILMS de manière assez médiocre.
Pourtant, dès le départ, on sent une certaine aisance au niveau du cadrage, une photographie réussie, une ambiance particulièrement étrange, mettant le spectateur mal à l'aise.
Cependant, très vite, le cinéma de Kitamura reprend le dessus. Les premières paroles sont inutiles, et l'action timide du départ, qui servait à instaurer un climat d'opression vraiment réussi, part dans l'absurde le plus total.
Discours philosophique inaproprié, vide scénaristique total, manque cruel d'intérêt, le court de Ryuhei Kitamura démarre très mal cette compilation.

Mais tout n'est pas négatif chez Kitamura, son cinéma particulier trouve de l'intérêt dans ses longs métrages, qui ne revendiquent aucun message réel. De l'action, à base d'effets spéciaux modernes, et un montage assez novateur dans l'ensemble. Sauf que ce qui fonctionne sur le long, parfois, échoue sur le court métrage.

Ici, Kitamura n'intéresse personne. Il signe un film de forme uniquement, cruellement vidé de tout fond cinématographique.

On passe à la suite...

NOTE : *


jamfilms02KENDAMA -
de Tetsuo Shinohara (Japon) - Comédie

Synopsis:

Fujikara recoit un kendama de la part de son patron. Déçu par ce cadeau banal, il le donne à une collègue, Akagi. Mais juste après, il veut récupérer le kendama, et se met à poursuivre Akagi. Cette dernière, en pleine course dans les rues, heurte un jeune homme revenant du marché, et provoque l'échange de leurs paquets...

Avis:

Tetsuo Shinohara, un nom encore trop méconnu en occident, malgré le très bon "Heaven's Bookstore", est le deuxième cinéaste à se lancer dans l'aventure JAM FILMS.
"Kendama" en relève très nettement le niveau d'ailleurs. La mise en scène minimaliste, l'humour omniprésent, et le scénario sous forme de chasse au trésor en font un film tout à fait passionnant, qui mérite d'être souligné.

Tout tourne autour d'un bilboquet, dans lequel semble se cacher un trésor, convoité par deux collègues de travail.
Cependant, rapidement, celui-ci se retrouve accidentellement dans les mains de quelqu'un d'autre. Un parfait inconnu qui n'a rien demandé à personne et qui devient la cible d'une chasse au trésor. Un parchemin se trouve à l'intérieur, il donne accès à un parcours puis à un objet.
Un billet d'avion pour l'Australie.

Avec guère plus d'indices, le cinéaste construit une jolie petite histoire, sous la forme d'un conte. Un film tourné vers l'humour, mais aussi significatif d'une culture asiatique très nettement tournée vers le symbolisme.
Des plans d'une grande intelligence, jusqu'au plan final, d'une grande force.

Coup de coeur de cette compilation, "Kendama" prouve que l'on peut faire très simple au cinéma, avec une grande efficacité.

NOTE: ***


jamfilms03COLD SLEEP -
de Jôji Iida (Japon) - Science-fiction

Synopsis:

Un homme se réveille dans une école, habitée par quelques adultes dérangés. Il rencontre une jeune femme semblant normale, qui lui apprend qu'ils sont sur une planète loin de la terre...

Avis:

Ca commence très bien, un plan en plongée, sur une sorte de bassin dans lequel se trouve un homme. Le son ambiant est particulièrement déroutant. Sorte de bruit sourd, amplifié.
L'homme ouvre le bassin. Le plan est davantage éloigné et on y voit une salle de classe. Sans doute une maternelle. Des jouets traînent sur le sol. L'homme sort du bassin, saisi une serviette et commence à déambuler dans les couloirs de ce qui semble être une école.

On ne sait pas encore à ce moment là, vers quel type de films on se dirige. On ne pense pas en tout cas à un film de science-fiction, mettant en scène des personnages qui ne sont même plus sur terre.

Rapidemment, le cinéaste nous le fait comprendre. Une femme étrange est planquée dans un couloir, et l'homme rencontre lors de sa traversée, une gallerie de personnages loufoques, complètement dérangés.
Puis il se retrouve dans une salle, une femme le saisi. Elle commence à lui faire des tests, et sort un ordinateur portable, futuriste.

On comprend un peu mieux à présent. Mais le problème intervient. On s'écarte du côté mystérieux du départ, pour entrer dans un truc complètement débile, hors de sens, qui est bien trop précipité pour être vraiment intéressant.
Les personnages agissent sans vraiment que l'on comprenne pourquoi, un mystérieux général apparaît dans l'écran de l'ordinateur et explique une théorie qui n'a ni queue-ni-tête.

L'ambiance troublante du départ laisse place à une comédie trop bâclée, qui devient dans les dernières minutes, d'une profonde débilité.
Dommage, ça démarrait vraiment bien.

NOTE: **


jamfilms04PANDORA: Hong Kong Leg -
de Rokuro Mochizuki (Japon) - Fantastique.

Synopsis:

Une jeune femme souffrant de ses pieds se laisse convaincre par un étrange vieillard de tester une étrange méthode : se faire lécher les pieds et guérir grâce à la salive...

Avis:

4 ème film de la compilation JAM FILMS, et peut être le meilleur pour l'instant. l'histoire de "Pandora" nous place dans le coeur de la médecine chinoise. Une médecine assez étrange cependant, qui prétend pouvoir soigner les plaies avec de la salive humaine.

L'ambiance déroutante de ce court, en fait un film d'une extrême efficacité. La photo est remarquable, l'atmosphère inquiétante est rendu magnifique par un cadrage très propre et une histoire originale.

Mochizuki fascine dès les premières ssecondes. Une mise en scène virtuose, quelques plans qui montrent des pieds, une femme qui se précipite chez elle. L'insistance du metteur en scène à se focaliser sur les pieds de cette dame, nous amène à penser, sans vraiment l'expliquer, qu'il va se passer quelque chose autour de cela.

Finalement, on ne connaîtra jamais la gravité ou non de son mal-être, le cinéaste préférant abilement, raconté une histoire d'amour vécue de manière bestiale. On pourrait imaginer le conte de la belle et la bête dans ce film.
Sorte de deux mondes qui se font face. L'un habité par l'humanité, l'autre par la bestialité.

Un clochard un peu étrange, semble être le gardien de cet étrange univers.

Le guérisseur, allongé sous un parterre en bois, ne voit le monde que par une petite trappe. La symbolique est assez forte, et en quelques minutes à peine, le film nous rappelle "Elephant Man" pour le côté bestialité et homme de foire.

Grosse réussite de la part du cinéaste, et deuxième coup de maître de JAM FILMS...

NOTE: ****


jamfilms05HIJIKI -
de Yukihiko Tsutsumi (Japon) - Drame

Synopsis:

Une famille est prise en otage par un jeune homme, mais l'issue, ne sera pas celle que l'on imagine...

Avis:

Nous y voilà, le meilleur épisode de JAM FILMS, véritable coup de maître et chef d'oeuvre total pour moi.
On en oublierait presque les autres volets, tant la force de ce court métrage dépasse les autres sur beaucoup de points.

A commencer par la mise en scène. D'une grande force, d'une maîtrise absolue. Entre décadrage des corps et mouvements virtuoses.
La caméra de Tsutsumi est partout, mais discrète. Le film nous place en plein coeur d'une prise d'otage, vécue de l'intérieur d'une famille.

Les vitres donnant sur l'extérieur sont illuminées d'un halo blanc, qui ne permet pas de voir le monde qui se trouve derrière. Sommes nous dans le passé ? Dans le présent ? Dans le futur ?. Aucun indice, à part vestimentaire, ne permet de réellement situer l'action.

Huis clos étouffant, malsain, et profond drame humain. La supériorité de la famille sur le preneur d'otage rend le film assez perturbant. On ne sait pas trop comment le décrire.
Il semble être preneur d'otage par hasard. Un homme qui manque cruellement de confiance en lui, sueur dégoulinant de son front, mains tremblotantes.

Puis cette femme habillée comme dans une pièce de Théâtre, maquillage pour cacher le désarroi d'une mère impuissante, marquée par une enfance difficile.
Une petite fille complètement stoïque, qui ne bouge pas, et ne semble même pas effrayée.

Mais surtout, ce plat d'Hijiki, posé au beau milieu de la table. Sorte d'algues salées un peu amères.
Une discussion qui tourne autour de ça, et un homme marqué par ce plat dans son enfance. Comme s'il avait été pris en otage par celui-ci. On en vient à se demandé justement si cette prise d'otage ne serait pas un vaste canular et que la victime, ne se trouvait pas simplement sur cette table, dans ce saladier.

Quelques plans plus tard, carnage.

Coup de maître, chef d'oeuvre, le meilleur film de cette compilation.

NOTE: *****


jamfilms06JUSTICE -
de Isao Yukisada (Japon) - Comédie

Synopsis:

Pendant un cours magistral d'anglais, un éleve, assis près de la fenêtre, commence à regarder des jeunes filles en classe de gym. Puis il commence à décompter le nombre de shorts bleus ou rouges dont les filles font claquer l'élastique après le 100m haies...

Avis:

Difficile pour les deux films suivants "Hijiki" de faire mieux, la barre à été placée très haute. Et pourtant "Justice" s'en sort admirablement bien.

Le film est un cocktail agréable de sentiments d'adolescents. Le cadre se situe en plein cours d'anglais.
Le cours est orienté sur l'histoire du japon, narré en anglais par un professeur soporiphique.
Les élèves s'ennuient, et se laissent aller à d'autres occupations.

Un élève dessine une bande dessinée érotique, un autre relève les mots importants du professeur pour créer une sorte d'histoire personnelle et un autre, pose son regard ailleurs, dans la cour du lycée, dans laquelle des filles font un exercice d'athlétisme.

Quelques griboullis sur la table en bois de sa salle de classe, à compter les maillots de couleurs différentes.
Puis une fixation sur une fille, quelques instants plus tard. Comme un coup de foudre, ou une fascination soudaine.

Un montage très bien fait, avançant au rythme de la musique. La voix du professeur résonne comme un lointain écho. Plus rien n'a d'importance.

Le jeune homme est scotché à la fenêtre, dehors, le temps passe plus vite qu'à l'intérieur.

Le cinéaste parvient à instaurer un climat particulier, jouant sur la double notion de temps. Celle d'une impression vécue de l'intérieur, suite à un cours chiant, et la réalité du temps qui passe, à une allure plus rapide synonyme de la vie de tous les jours.

Belle histoire, qui évite la mièvrerie, et qui rappelle les années lycée...

On arrive doucement à la fin de JAM FILMS, de manière assez admirable.

NOTE: ****


jamfilms09ARITA -
de Shunji Iwai (Japon) - Comédie dramatique

Synopsis:

L'histoire d'une jeune fille qui dessine, depuis son plus jeune age, sur toutes les pages de ses cahiers un être étrange qu'elle nomme Arita ; jusqu'à se demander si cet Arita n'est pas vivant...

Avis:

Dernier film de la compilation, mais aussi le plus poétique.

Ca commence par un insert sur des dessins, et une voix-off qui raconte la naissance d'Arita, sorte de signature dessinée, récurrente, issue de l'esprit créatif d'une jeune fille.

Shunji Iwai, à qui l'on doit l'excellent "All About Lily Chou-Chou", est un peu le Kitano poétique de la bande.
Film ultra-minimaliste, ou quelques plans seulement permettent d'indiquer le lieu de l'action, et qui consacre l'essentiel de son récit sur la narration, entendue en voix-off.

Une fille rêveuse, paumée dans sa chambre qui se met à raconter sa vie avec Arita, durant 22 années.
Arita, sorte d'ami imaginaire, qui l'aurait accompagné partout, selon les humeurs et selon les situations.
Arita, un nom sans explications, juste un nom, comme ça.

Le cinéaste parvient en à peine quelques secondes à plonger le spectateur dans un rêve. Un retour nostalgique à la réalité infantile.
Pleine d'inconscience, de songes, d'imaginaire.

Quelques notes au piano, accompagnent ce délicat poème imagé. Une mise en scène caméra portée à l'épaule. Des plans sans réelle cohérence. Un format DV, pour davantage encore de minimalisme, et ce dessin qui prend vie, soudainement.

Arita est devenue matérielle, physique. Les effets spéciaux utilisés par Iwai rende ce personnage humain. Il prend vie sous nos yeux, parcourant au galop, la pièce tapissée de fleurs, de cette jeune fille pleine de rêves.

"Arita" rend hommage à JAM FILMS, par sa simplicité, son appel à la nostalgie. Un film d'une douceur exquise, qui symbolise toute la subtilité de ce cinéma asiatique que l'on aime tant...

NOTE: ****


Conclusion:

Au final, JAM FILMS est partagé. Du très bon, du bon, et du moins bon. Des auteurs différents, des styles différents qui permettent d'en apprendre un peu plus sur le cinéma asiatique et les différentes sensations et nuances qui le composent...

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01 janvier 2007

Bonne et heureuse année 2007

feu_artifice_voeuxChers amis,

Je me permets de faire un petit article qui n'a rien à voir avec le cinéma, afin de vous souhaiter à tous une excellente année 2007.

J'en profite également pour annoncer les quelques changements qui auront lieux sur mon blog cette année.

Des changements en terme de structure des articles, en paragraphes toujours mais davantage éclairés, un en-tête plus informatif, plus de lisibilité en somme. Des changements que vous découvrirez sur mes prochains articles...

Enfin, j'essaierai d'inclure de nouvelles rubriques. Faire des comparatifs, des articles sur des coups de coeur, des coups de gueule.
Grande nouveauté également, il y'aura désormais des critiques "négatives". Au moins une fois par mois, je tenterai de m'expliquer sur un point de vue négatif ressenti après un film.

Cela me permettra d'avancer beaucoup plus, et surtout de rendre plus crédibles mes sentiments positifs, et cela enrichira les débats.

En fait je vous proposerai un blog hebdomadaire. Il sera remis à jour chaque semaine, que ce soit sous la forme d'une critique, d'une news ou l'apparition de nouvelles rubriques, comme je le précisais plus haut.

Concernant les changements, vous les remarquerez progressivement, au fil des articles.

En attendant, je vous souhaite à tous encore une fois, une bonne et heureuse année 2007.

Michael,

Posté par a_c_t_e à 17:37 - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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