espagne1Film espagnol de Alejandro Amenabar (1996) Genre: Thriller

tesisAngela prépare une thèse sur la violence dans le domaine de l'audiovisuel. Elle retrouve mort le professeur qui s'était proposé de l'aider et découvre près de lui l'enregistrement vidéo d'un meurtre en réel, un snuff movie. Aidée d'un camarade, elle décide d'en savoir plus, risquant de devenir à son tour la vedette d'un prochain snuff....
Le voici donc, le tout premier film du jeune prodige du cinéma espagnol, qui, en quatres films, à su imposer son style, à mi chemin entre le drame et le fantastique.
Bien avant, "Ouvre les yeux", "Les autres" et "Mar adentro", Amenabar s'est essayé au thriller fantastique, avec "Tesis" ou comment filmer l'insoutenable?
Ecoeurant, glauque,morbide, effrayant, violent, sont autant de thèmes qui collent à la perfection avec ce film, sortit de nulle part, si ce n'est de la folie destructice d'un auteur, bien plus qu'inspiré.
Comment qualifier cette oeuvre, tant elle peut paraître déplacée? Comment la ranger dans une catégorie, si ce n'est celle des plus de 16 ans?
Car entre dégoût et subtilité, Amenabar sait de quoi il parle et le fait ressentir.
Son thème, il le maîtrise de bout en bout, son art, il nous le balance à la face avec insolence et insouciance du début.
Le jeune cinéaste espagnol, se tape des préjugés, et s'il doit faire vomir les spectateurs, il aura réussi son pari.
Tout au long de sa récente carrière, Amenabar saura trouver les images fortes pour plaire, les images insipides pour déplaire, et le tout en divisant l'opinion, et du public, et de la presse.
Le bad guy du cinéma espagnol à désormais créer un avant, et un après "Tesis". Il est le fondateur incontesté de la nouvelle vague espagnole, cette même nouvelle vague que le cinéma français a connu au début des années 60.
Aujourd'hui, Amenabar a fait des petits, et le cinéma outre pyrénée, ne s'en porte que mieux.
Son cinéma il le veut provocateur, quitte à effleurer la censure. Il veut faire ce qu'il veut, et il le réussi.
"Tesis" marque donc de son empreinte un septième art fantastique douteux depuis belle lurette. Il bouscule les esprits, en étant probablement le film le plus osé de la dernière décennie.
L'intrépide Amenabar a placé la barre très haut, et révolutionnaire sera le cinéaste qui dépassera cette barre, dans les années à venir...
La mise en scène, remarquablement maîtrisée, fait montre d'une incroyable revolution. Entre originale et conceptuelle, elle n'hésite pas à créer une ambiance insoutenable à travers le principe du film, dans le film.
Ce n'est pas tant les images qui font mal, mais le réalisme du son. Les cris, l'ambiance opressante, le fait de savoir que tout cela pourrait être réel, sont autant d'artifices qui dirigent pleinement le film dans l'insoutenable.
Dans une pensée philosophique, qui sera finalement récurrente dans son art, Amenabar tisse un portrait sans concession de la folie humaine.
Les atrocités, la perversion, le machiavélisme, l'instabilité font de cette oeuvre un mélange de carnage et d'esthétisme.
Dans la lignée d'un "Ab Normal Beauty" d'Oxide Pang, "Tesis" prend son envol, par son intelligence et sa maîtrise de l'espace et du temps.
La photographie est remaquable, plus belle encore que dans "ouvre les yeux", et le film tire sa force de cette réussite inplacable du visuel.
Mais c'est le son qui confère au métrage toute sa splendeur. Il centralise les bruits, les silences, et offre alors son identité fantastique en plongeant enfin le spectateur dans la peur.
Car la peur, fait parti intégrante de cette oeuvre, elle est abilement parsemée de minutes en minutes, sans jamais prendre le dessus d'une séquence à une autre.
La scène finale est atroce, et pose le problème de la violence au cinéma. A t'on le droit de tout montrer? Ce débat là, Amenabar s'en moque, et il a bien raison, car dans l'art, la limite n'est plus. Le cinéaste signe un chef d'oeuvre du genre, qui surpasse toutes les pseudos productions de teen movies insipides et fades comme un haricot dénudé.
"Tesis" ou le meilleur film d'Amenabar? ....Ca se pourrait bien....

Note: 17/20