mexiqueFilm mexicain de Luis Bunuel (1950) Genre: Drame

103254303Dans la banlieue pauvre de Mexico, des enfants sans ressources deviennent des meurtriers. Jaibo, le chef de la bande, n'hésite pas à agresser un aveugle puis un cul-de-jatte. Persuadé que Julian l'a dénoncé, il le tue.
Il tente après de se cacher, avec l'aide de Pedro et de "petits yeux".
Mais Pedro est rapidement recherché par a police et délaissé par sa mère, et est accusé des crimes de Jaibo....
Pour son premier film mexicain, le cinéaste espagnol, alors exilé au Mexique, qu'il choisira comme terre d'acceuil, Luis Bunuel revient sur le devant de la scène, après une période trouble.
Septième long métrage d'un cinéaste qui finira oublié de tous, "Los Olvidados" est une réussite immense dans le monde cinématographique.
Le film qui a failli être censuré au Mexique est sauvé in-extremis par un écrivain Octavio Paz, qui le présentera même au festival de Cannes en 1951, dans lequel le film remportera le prix de la mise en scène.
"Los Olvidados" marque le début, à cinquante ans, de la carrière de Luis Bunuel...
Le film est un tableau sans concession d'une réalité sociale très dure, le cinéaste tisse le portrait d'une jeunesse mexicaine désabusée, qui est clairement rejetée par la population adulte.
La confrontation constante des jeunes et des adultes est explicite dans le film, et l'on remarque sans difficulté la rivalité sociale qui les opposent.
Dans un élan de poésie et de réalité dramatique, Bunuel montre à travers des images fortes, l'extreme tension affective qui dénoue les liens d'enfants à parents.
J'ai constaté par ailleurs, que l'adulte dans le film derrière cette indifférence, subit un peu les assauts répétés des adolescents.
Aussi, on le constate lorsque Jaibo et sa bande s'attaquent à un aveugle, ou encore à un cul-de-jatte.
Aucune pitié, aucune rancoeur, les jeunes font subir à la population plus ancienne, les nouvelles lois d'un pays en reconstruction.
Dans le même style, Jaibo drague la mère de Pedro sans s'en cacher, et ne fait que confirmer ce que je dis à propos de la superiorité des enfants.
Si le destin des personnages est terriblement tragique, dumoins dans la vraie fin du film, jamais pourtant le film ne sombre dans le misérabilisme.
Malgrès de forts accents pessimistes, notament dans le traitement des pensées infantiles, le cinéaste parsème son oeuvre d'images poétiques très fortes, dans lesquels le sourire est toujours le bienvenu.
On ne peut que s'incliner aussi devant la maîtrise de la scène du cauchemar de Pedro, dans laquelle on assiste à un montage remarquable, proche du film d'épouvante, avec un fond musical opressant et une grande interpretation.
D'autres scènes aussi sont touchantes, dérangeantes, comme celle ou le vieil aveugle prend une jeune fille sur ses genoux, lui parle comme s'il se débarassé d'un poid, puis fini par réalisé quelque attouchements.
Dans cette scène, Bunuel montre à la perfection, l'inclinaison de l'adulte face à l'enfant, mais aussi son désarroi face à la pédophilie.
Pour finir, Los olvidados est une grande, très grande oeuvre sur l'enfance et son malaise social. Un film riche, simple et convaincant.

Note: 5/5