etats_20unisFilm américain de Paul Verhoeven (1991) Genre: Policier

144780589L'ancien chanteur de rock Johnny Baz a été frappé de 31 coups de pic à glace par une femme avec laquelle il faisait l'amour. Les soupcons de l'inspecteur Nick Curran s'orientent vite vers la dernière fréquentation de la victime, la romancière Catherine Tramell, auteur d'un polar à succès consacré à un meurtre identique...
Verhoeven, cinéaste inégal mais diablement eficace. Il plaît ou déplaît, en tout cas moi, j'aime beaucoup son immense début de carrière, avec des films tels que "Turkish Delights" "Le beau Danube Bleu" ou encore l'excellent "Robocop" et "Total Recall".
Mais Verhoeven, c'est aussi, le chef d'oeuvre "Basic Instinct".
Depuis toujours, j'ai un penchant pour ce cinéaste que j'apprécie beaucoup, son cinéma est fait de violence, de perversion, et d'ironie. Il place constamment sa caméra, dans un décor vide de bon sens, au contraire, il se focalise sur les bas fonds de la société. Il réalise des films amers, sombres et inquiétants, à l'athmosphère opressante.
Il est vrai aussi, comme Polanski peut être, que Verhoeven a beaucoup perdu de son charme, et je pense à juste titre, que sa carrière phénoménale s'est arrêtée à Basic Instinc, son ultime chef d'oeuvre.
Pour parler un peu de ce film magnifique, je dirais qu'il s'agit, sans nul doute, de l'un des meilleurs films policier de l'histoire du cinéma.
Si la mise en scène, sobre et plutôt classique, n'offre pas forcément une claque visuelle, l'habileté de l'intrigue, la force qui émane de l'ambiance, et le suspense insoutenable qui y règne, par contre, dynamise l'oeuvre du cinéaste hollandais.
La photographie est très travaillée je trouve, on assiste à un déluge de couleurs chaudes et froides et d'effets de lumière, très réussis.
L'ambiance, donc est le point fort de ce métrage. Verhoeven y glisse une intensité telle, qu'elle en devient quasi insupportable.
Comme à l'accoutumée dans le cinéma de cet étrange réalisateur, on ne lésine pas sur l'outrance sexuelle, sur le trash, ou sur la violence morale et physique.
L'interprétation du duo Stone/Douglas est à couper le souffle, le look femme fatale d'un côté, et homme soumis de l'autre.
Quel plaisir, que de voir et revoir durant 2h, ce triptique visuel, d'une grande maîtrise, et d'une sincère efficacité.
Avec une grande intelligence, et une maturité sans précédent, le cinéaste bascule le spectateur dans une enquête sombre, sous forme de ludisme pervers, qui ballade l'oeil dans un délire masochiste, réccurent du cinéma made in Verhoeven.
On retrouve quelques éléments présents dans "Turkish Delights", un de ses films hollandais, des années 70. Notamment l'allusion au sadisme et à la cruauté sexuelle.
La fin, troublante, ne confirme que le désir malsain du cinéaste, durant tout le film, de promener le spectateur entre doute et évidence. Jamais on ne saura si oui ou non, la femme fatale, écrivain de son métier, à réellement tué. On se fait sa propre opinion, et ce n'est pas le dernier plan, fatalement évident, qui fera changer notre incertitude.
Pour finir, Verhoeven s'est éteind professionellement après ce film, il est une sorte d'oeuvre posthume, sans que son auteur soit décédé. Il marque la fin de la grande carrière de Verhoeven, car depuis cela, "Starship troopers", "Showgirls" et "Hollow man" font pâle figure! Revenez au sommet Mr Verhoeven, pour l'amour de Dieu!!!!!!
Un très grand film!

Note:5/5