Film sud-coréen de Lee Chang-Dong (1999) Genre : Drame

peppermint_candyAlors qu'il se précipite sur les rails du chemin de fer et qu'un train s'approche, un voyage au fil du temps nous entraîne dans le passé de Yongho, de son mariage raté à la faillite de son entreprise, de l'époque où il travaillait (et torturait) comme policier, jusqu'à ce jour bien lointain où il connut momentanément le bonheur...
Il y'a des œuvres qui vous bouleverse, vous transperce l'esprit, et y restent gravées.
Il existe des films, inconnus, qui méritent tant d'être vus, d'être écoutés.
Il y'a dans le paysage cinématographique, des OVNIS, remplis de sincérité, d'émotion, et d'intensité, rare...
« Peppermint Candy » fait parti de ses raretés, un film sublime, qui plonge le spectateur dans une réalité cruelle, qui fait peur mais qui fascine aussi.
Lee Chang-Dong, cinéaste mature, intelligent, subtil, dont la mort et le suicide sont des thèmes récurrents, qui lui tiennent à cœur, offre au public international, une première œuvre remarquable en tout point.
Pour commencer, le film nous raconte au travers d'un récit inversé, l'histoire bouleversante d'un homme, dans une société coréenne en déclin.
A deux doigts d'être une dictature, le pays est traversé d'une époque à une autre, avec la même appréhension.
Le film, remonte le temps, et commence donc par la fin, le suicide de Yongho. On le devine fragile, éprouvé, instable, mais pourquoi ??
Ainsi, le cinéaste remonte, dans la vie antérieure de cet homme. Quelques années avant, il est marié, père de famille, et chef d'entreprise, puis des années avant encore, il recherche son premier amour, sort de l'école, et apprend le métier de policier, avec violence et cruauté.
Quelques années avant, plus éloignées cette fois ci, il est étudiant, et rêve de devenir photographe.
En fait, grâce à ce choix de mise en scène, on en apprend beaucoup sur le destin tragique de cet homme. Rien ne se déroule comme il le souhaite, ses amours et ses passions s'éloignent, et le quotidien le rattrape à chaque fois.
Belle leçon de vie, donc, que ce « Peppermint Candy », il nous montre à quel point le destin change, à quel point aussi, la vie est courte et fragile, et qu'elle réserve son lot de surprises, souvent mauvaises, au final.
La mise en scène, à l'image d'un cinéma asiatique expansif, se révèle pudique et sincère. La caméra n'entre pas dans l'intimité, elle la survole, comme une plume caresse la peau.
La musique, accompagne, sans surpasser les séquences. Le montage, sépare les époques, par une caméra subjective, placée dans un train, qui roule en direction du passé, mais aussi en prenant la direction du futur. Le train avance, mais le décor recule...
Belle métaphore, et fort belle manière de démontrer l'avancée du temps, et son rythme soutenu.
L'interprétation du héro, est fascinante, et sort presque de l'irréel. Son cri, plein de larmes, d'une sincérité troublante, émeut n'importe quel être humain, et ravive la flamme du chagrin, enfouie au fond de nous.
A n'importe quelle époque, située dans le film, l'acteur émeut par son jeu réaliste. On se prend de passion pour cet homme à qui la vie fait défaut.
Ce qui impressionne dans cette œuvre, c'est à quel point le cinéaste, aujourd'hui ministre de la culture en Corée du sud, arrive à pénétrer l'esprit du spectateur. L'œuvre est viscérale, elle prend les tripes, et ne les lâchent jamais plus.
Après ce film, Lee Chang-Dong à réalisé « Oasis » en 2002, puis depuis, il est ministre dans son pays, et en l'occurrence n'a plus le temps de se consacrer au cinéma. C'est avec impatience et égoïsme que j'attends les élections, pour que le gouvernement soit dissous, et que Dong récupère sa place d'antan...........Cinéaste.........

Note : 5/5